D'un Makalu à l'autre

« En 2008, lors de l’expédition française « Makalu 2008 », notre ami Nil Gurung est mort d’épuisement au camp 4, après avoir franchi son premier 8000.

En tant que Sirdar, il nous avait accompagnés pour des trekkings à de nombreuses reprises.
En 2005 encore, les membres de l’expé au Gurla l’avaient croisé par hasard à Katmandou et son éternel sourire les avait bien encouragés. L’association «  Makalu 2008 », créée par Marc Dreyer, chef de l’expédition, a financé la construction de l’école de Seduwa et installé un mémorial en mémoire de Nil…. L’école a été entièrement détruite lors du récent tremblement de terre qui a ravagé tout le Népal. De retour du Népal après la fin prématurée de l’expédition « Makalu 2015 », Jean Luc nous raconte… »
NDLR

A mon retour du Népal, il me fut d’abord difficile de trouver les mots justes, pour parler de notre expédition «  Makalu 2015 », car trop d’émotions nous ont submergés depuis la terrible catastrophe subie par le peuple népalais. Cette expédition restera gravée dans nos mémoires. Dans des conditions « normales », les souvenirs et expériences auraient sans doute été autres. La vie n’est faite que de sursauts qui permettent d’avancer sur le chemin, en n’oubliant pas ce qui est derrière.
Mais voilà, commençons par l’origine : une expédition préparée depuis 2 ans, avec une petite équipe belge, Sofie, Rudo, Stef (Wolf), Stef (Yak), Koen et moi-même. D’une certaine manière, un premier séisme touchera notre expédition, quand, deux mois avant de partir, Christiane et Guido, devront se désister, suite à de sérieux ennuis de santé. Notre projet : tenter l’ascension au Népal du Makalu (8463m), jamais gravi par des Belges, malgré l’une ou l’autre tentative. Réunions, randonnées, trekkings et alpinisme dans les Ardennes, Vosges et Alpes, tout fut fait pour donner le plus de chance et de convivialité à cette expédition.
Et puis, le départ, le 5 avril. Briefing à notre arrivée à Katmandou, suivi du trekking d’approche, rendu plus exigeant à cause du mauvais temps, durant huit jours. Nous avons eu alors l’occasion de rencontrer, dans des villages de montagne (Num, Seduwa…), des gens heureux, souriants. Leurs «  Namasté » nous faisaient chaud au cœur. Des sherpas engagés par l’expédition se sont joints à nous et nous sommes ainsi arrivés au camp de base avancé (ABC, 5700m), où se trouvaient quelques équipes diverses (Autrichiens, Espagnols…), tous prêts à continuer progressivement l’acclimatation qui nous permettrait, selon les conditions météo, d’atteindre le sommet tant convoité.
Tout allait donc bien jusqu’à cette date du 25 avril. De retour du camp 1 à 6400 m d’altitude, nous étions occupés à prendre le lunch de midi sous la tente mess au camp de base. Quand, soudain, le sol tremble, un grondement sourd est entendu simultanément. Nous sortons précipitamment de la tente et contemplons, impuissants, un gros éboulement de pierres descendant des pentes du Makalu. Heureusement, cela se passait loin de nous. Incrédules, nous ne devinions pas qu’il s’agissait en fait dans un premier temps d’un grave séisme de magnitude 7,8 qui touchait le Népal à ce moment-là et dont l’épicentre se situait à l’ouest de Katmandu, la capitale. Ce n’est que par après, via informations données par satellite, que nous avons mesuré l’ampleur du phénomène et ses répercussions...
Lors de la traditionnelle cérémonie de la Pujah, cérémonie faite en l’honneur des dieux, nous ressentions une grande émotion et tristesse. De discussions en discussions, il a été décidé, en respect et solidarité avec les sherpas et autres Népalais présents au camp de base et sans nouvelles de leur famille, d’interrompre toute ascension et de renoncer définitivement à poursuivre l’expédition.

ECOLE DE SEDUWA
Donc après une petite semaine, nous avons quitté le camp de base et fait le trek retour jusqu’en bas de la vallée. Ce fut l’occasion de se rendre compte des effets destructeurs générés par le séisme, même si la région du Makalu a été relativement épargnée, comparativement à d’autres lieux. Un endroit nous a particulièrement touchés, celui du village de Seduwa, niché à 1700 m d’altitude, au- dessus de la rivière Arun, et particulièrement son école qui a été détruite en grande partie. Cet établissement fut construit en 2009 par une équipe de grimpeurs français qui réussirent l’ascension du Makalu en 2008 et que j’avais eu d’ailleurs l’occasion de rencontrer cette année-là, lors de ma première tentative de la montagne. L’école porte le nom de Nil Gurung, membre de l’expédition française et décédé en 2008 sur les pentes du Makalu.
J’ai donc eu l’occasion de faire la visite, assez bouleversante, des lieux sinistrés en compagnie d’un instituteur et du directeur de l’école. Nous avons réalisé que, pour eux et les habitants de Seduwa, nous étions porteurs d’un message d’espoir, celui de leur apporter notre aide. Dès lors, nous avons, de retour en Belgique, décidé de participer à un projet de reconstruction de celle-ci. Une équipe se rendra sur place en octobre pour la réhabiliter.
Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres des sinistres de ce séisme dont on ne mesure pas encore complètement l’ampleur. Certaines régions ne sont accessibles que par hélicoptère et sont encore inexplorées.
Lors de notre retour vers Katmandou, nous étions accompagnés de notre cuistot Santos, un garçon d’une très grande gentillesse et compétence. Il n’avait pas à ce moment-là de nouvelles de sa famille. Heureusement, depuis lors, les nouvelles sont plus rassurantes, mais sa maison a été détruite en partie.
C’est donc un autre Makalu qui nous attend, celui d’aider cette population népalaise à reconstruire son pays.
Une expérience n’est pas l’autre : celle-ci nous marquera sans conteste aussi.
Jean-Luc Fohal

Si vous voulez participez à la reconstruction de l’école de Seduwa...
En concertation avec les responsables de l’association « Makalu 2008 », fondatrice de l’école, nous avons pris l’initiative de les soutenir financièrement en vue d’une reconstruction future, prévue en octobre prochain.
Nous faisons donc appel à votre générosité pour ce projet. Cependant, pour information, cette organisation n’a pas la possibilité de fournir une attestation fiscale.
ACTION 25/04 - RECONSTRUCTION DE L’ECOLE DE SEDUWA
Versez votre don sur le compte : BE81 1262 0148 3824 / BIC : CPHBBE75
Indiquez en communication : « Action 25/04 Ecole Seduwa »
... ou d’autres associations soutenues par des membres de la sections CAB-B

La clinique mobile : NMMH.CLINIC
Pierre Soete, médecin orthopédiste et alpiniste belge, a créé cette clinique orthopédique mobile. Après 15 années de travail dans la clinique orthopédique de Katmandou qu’il a fondée, il a décidé de reprendre du service et de fonder cette clinique mobile pour opérer dans les villages éloignés.
http ://www.nmmh.clinic
Numéro de Compte BE14 0014 7085 8183 - BIC : GEBABEBB - Mention : Nepal Mobile Hospital
Coordonnées : 20, rue d’Opprebais - B-1315-Incourt ( (Défiscalisation à partir de 40€)

L’association KETAKETINEPAL.COM.
Notre ami et connaissance Bhim, directeur de Mandala Trekking, y participe. Il vient d’être décoré par l’état français après 30 ans de travail. Cette association aide réellement les enfants des villages de nos porteurs et sherpas, comme le village de Laprak, et d’autres en grande partie démolis par le tremblement de terre.
D. Hermann - 20 rue des Bateliers - 68100 - Mulhouse
IBAN FR76 1027 8030 0400 0331 8764 803 - Bic CMCIFR2A
Merci pour votre soutien