Tous en selle (suite et fin)

Dans le n° de juin, Caroline, Olivier et leurs enfants, toujours à bicyclettes, nous ont laissé aux pieds des Pyrénées. Il est temps de penser au retour par le chemin des écoliers.

LES LANDES
Après l'estuaire de la Gironde, nous avons continué en direction des Pyrénées sur des pistes asphaltées d'une rare qualité; merci les Landes à vélo!
Les Landes, c'est très beau mais c'est aussi parfois un peu monotone car nous roulons sur de longs tronçons rectilignes entourés de pins.
Néanmoins, si on prend la peine de sortir du trajet officiel, on peut découvrir de grands lacs appelés étangs tels que les étangs de Cazaux et Sanguinet.
Nous retiendrons de cette traversée: la mer sous toutes ses formes, les vues magnifiques de la Dune du Pilat que les enfants ont gravie en courant et surtout le vent dans le dos d'un bout à l'autre.
Nous arrivons à Hendaye et faisons marche arrière sur notre itinéraire pour retourner en train à Arcachon.
Là, nous traversons les Landes dans le sens de la largeur pour aboutir à Aiguillon du Lot, départ de notre remontée de la vallée du Lot et de la vallée du Sélé, sous des températures caniculaires.
Lors de cette vélo-route, nous faisons une orgie de cerises et de produits locaux.
Nous arrivons à Figeac, ville bien connue des pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. De là, nous rejoignons la vélo-route "la traversée du Volcan (Cantal)". L'ascension du Pas de Peyrol qui aboutit au Puy Mary sera très rude vu le poids que nous tirons. S'ensuit quelques jours de bivouac en montagne à côté du buron d'Eylac où Coline et Cyril goûtent aux joies de se laver dans un torrent.
Une descente folle du col et nous voilà de retour à la civilisation pour déguster le Bleu d'Auvergne, le Cantal, le Salers, la Fourme d'Ambert et le Saint Nectaire. C'est conseillés par Nadège et Jocelyn, que nous roulons à travers l'immense plateau du Cézallier (plateau qui n'en n'est pas vraiment un...).

L’AUVERGNE
Et nous arrivons à Clermont Ferrand.
Nous prenons comme prévu notre train de transition direction Lyon.
Visite de la ville, de ses traboules et de son centre historique (à voir absolument).
Ensuite, quelques jours de pause chez nos amis Mahaut, Zoé, Carine & Florian, grands voyageurs à vélo (voir leur livre: "Une famille un monde" édition BoD Florian Antoine 2014). Coline et Cyril en profitent pour s'essayer à la conduite d'un âne et de poneys. C'est le ventre plein que nous enfourchons nos vélos vers la Via Rhôna, direction Genève et Lausanne où nous passons quelques jours chez Juliette, Martin, Nadia et Sébastien (frère de Caro). Au menu: pique-nique et baignade dans le lac Léman, changement de patins de freins pour Caro (encore une fois...), lessives, réparations diverses et parties de playmobil à gogo,...

Pour la suite, notre choix s’est porté sur la traversée de la Suisse par la vélo-route n°9 des lacs. Détrompez-vous, « lacs » ne veut pas dire plat…

LA SUISSE
Nous montons donc rejoindre Gruyère, Bulle, Gstaad, traversons l’Oberland bernois pour gagner Interlaken. A notre droite, la Jungfrau, le Mönch et l’Eiger scintillent telles une Rolex inaccessible dans une vitrine d’Interlaken.
Arrivés à Luzerne, lors d’une baignade au lac des Quatre Cantons, sur un parking rempli de vélos avec chariots, nous faisons la connaissance de Magda, Tobias, Max & Léo qui nous invitent pour le weekend. Nous acceptons volontiers car la chaleur est intenable pour rouler à vélo (36°…).
Le weekend se passe avec barbecue et baignade ; l’endroit le plus frais pour dormir, c’est la cave…
Viennent ensuite le lac de Zurich et le limpide Wallersee.
Toutes ces traversées se sont accompagnées de baignades à gogo dans des endroits vraiment bien aménagés : barbecue, douche, WC.
« Ordre, soin, méthode, discipline ! » Voilà qui pourrait être la devise du suisse allemand parfois aussi sympathique qu’une porte de grange mais très organisé…
En parlant de devise, il faut bien reconnaître que traverser la Suisse, ce n’est pas le même budget qu’ailleurs…

LE RHIN
Nous rejoignons ensuite le Rhin à la hauteur du Liechstenstein et nous le suivons jusqu’au lac de Constance, énorme étendue d’eau que se partagent l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse.
Nous longeons le lac côté suisse, passons à Constance pour fêter l’anniversaire de Cyril, et poursuivons notre descente vers les chutes du Rhin ; le fleuve tombe de 23m de haut dans un fracas étourdissant.
Nous nous arrêtons un moment dans un super camping plein d’idées : un trapèze a été fixé à la cime des arbres pour pouvoir se jeter dans le Rhin et se laisser emporter par le courant : sensations garanties !
Le Rhin nous emmène à Bâle. S’ensuivent de belles pistes cyclables à travers l’Alsace. Le Rhin s’élargit et nous emmène à travers l’Allemagne, où nous croisons des péniches surdimensionnées qui font la joie des enfants.
Mais, il faut bien l’avouer, le Rhin allemand n’a pas le même charme sauvage que le Rhin suisse ; l’industrie lourde de Karlsruhe est là pour nous le rappeler !
Nous voici à Mainz, Mayence le long du Rhin allemand.
L’Eurovélo 15, le long du Rhin, est une véritable autoroute pour vélo qui permet à chacun d’avaler les kilomètres sans difficulté.
Arrivés à la hauteur de Saint Goar, nous bifurquons vers la gauche, à travers les collines, direction la Moselle que nous atteignons après une rude journée…

LA MOSELLE
Nous longeons un peu la Moselle et partons à l’assaut de l’Eifel pour rejoindre l’Eifel radweg qui nous mène en 2 jours à Prüm. Là, l'auberge de jeunesse étant full et le camping trop proche de la grand route, nous décidons de bivouaquer au milieu d’une sapinière avec pour tout bruit l’aboiement du brocard et le hululement de la chouette. L’endroit de notre bivouac n’est plus qu’à quelques kilomètres de la frontière belge. Cueillette de champignons des prés, forêts, petits villages sont au menu de cette journée.
Nous franchissons la frontière à proximité de Saint-Vith et nous embrayons direction Trois-Vierges au Luxembourg par la célèbre Vennbahn (www.vennbahn.eu).

LE RETOUR AU PAYS
Après une nuit au camping de Trois-Vierges, nous voici sur le réseau Ravel belge, réseau autonome de voie lente (pour les français, suisses et allemands), qui nous conduit en douceur à Bastogne.
De là, la rando vélo numéro 6 (www.randovelo.org) nous propulse à l’auberge de jeunesse de Champlon. Après une journée de repos "escalade" sous une pluie bien belge, nous traversons les superbes régions que sont l’Ardenne, la Famenne et le Condroz namurois, avant de rentrer à la maison, le tout en une journée "emballé c'est pesé..."
Voilà, nos vélos sont à l’entretien à La Maison du 2 Roues à Hingeon (coup de pub ! Et encore un tout grand merci pour tout).
Question à 2 francs : quel est le circuit vélo le plus beau? Probablement l’enchaînement vallée du Lot, vallée du Célé, Figeac, suivi de la vélo-route "la grande traversée du volcan".
Pour nous, cet enchaînement, inventé pour l'occasion, forme un tout : beautés architecturale, paysagère et culturelle, climat etc. sans oublier un zeste de difficulté dans le Cantal.
Un tout grand merci à la météo qui nous a été très très très clémente, ainsi qu’à tous ceux qui nous ont donné un petit coup de pouce par un accueil, une tonte de pelouse, un arrachage de mauvaises herbes, un treuillage de mouton mort, un transfert de courrier,…
Voilà, la boucle est bouclée !
Merci à tous ceux qui nous ont accueillis! À bientôt pour de nouvelles aventures !
Hasta luego !
Caro, Coline, Cyril &Olivier Meunier