CHALLENGES FOR CHILDREN: MONT BLANC 2012

Quand on ouvre le dictionnaire (le wiktionnaire, en fait, car de nos jours, quand on ouvre le dictionnaire, cela veut dire qu’on allume son PC,

sa tablette ou son smartphone, qu’on lance son navigateur internet, et qu’on tape le mot en question dans un moteur de recherche…), voilà ce qu’on trouve au mot « Challenge » :

Etymologie :
De l’anglais challenge, venant de l’ancien français chalonge, lui-même du latin calumnia.
challenge /tʃa.lɛndʒ/masculin
1. (Anglicisme)Défi, épreuve.
2. (En particulier)Épreuve sportive dans laquelle le titulaire d’un record est défié par un concurrent.
3. (Par extension)Projet ambitieux.

Vous (et nous) voilà donc prévenus : un défi est lancé, qui consistera en une épreuve (ça rigolera pas !!!), probablement sportive (et donc physique…) et tout ça fera certainement partie d’un projet ambitieux !
Si nous ajoutons encore « Mont-Blanc », on commence à percevoir le genre d’épreuve, et on imagine déjà le récit : ils étaient beaux (belles) et courageux (courageuses) et ils se sont lancés à l’assaut du géant des Alpes, qu’ils ont vaincu au prix d’efforts surhumains, pour accompagner Corentin qui, malgré son handicap, a aussi brillamment triomphé des difficultés avant de redescendre du sommet par un vol de rêve en parapente !
Applaudissements.
Rideau.

Et vous avez tout faux !!! Car si c’est bien cela qui était prévu, il faut avouer que ce n’est pas exactement ainsi que cela s’est déroulé…

Les choses sérieuses ont commencé le mercredi 19 septembre 2012.
Nous sommes 10 aux pieds des rochers de Servoz. Pour une bonne partie du groupe, c’est une première prise de contact avec la montagne.
Nous, ce sont les membres de l’équipe « Challenges for Children ». Le hasard des contacts et des affinités nous a amenés à nous rencontrer et tout mettre en place pour participer à cette aventure sportive et humaine.
Il y a d’abord Corentin, qui est au centre du projet. Il a contracté la polio en Inde, alors qu’il était encore bébé. D’abord abandonné, recueilli ensuite dans un orphelinat, puis adopté par une famille qui vit en Belgique, il va mettre des années et subir de nombreuses opérations avant de pourvoit marcher. Aujourd’hui, son but est de montrer aux autres personnes souffrant d’un handicap, qu’avec du courage et de la volonté, tout devient possible.
Ensuite il y a Isabelle Melsens, cadre dirigeant du grossiste-répartiteur en pharmacie « CERP », qui la première, a rencontré Corentin et lui a ouvert son carnet d’adresse.
Il y a aussi Alain Colombana, du groupement de pharmacies Santalis, dépendant du même groupe que le CERP.
Il y a aussi Cédric De Bruyn, notre infographiste qui a développé le site internet, et Steve De Loor, journaliste de formation qui, comme Corentin, travaille chez Bpost.
Il y a évidemment Lambert Martin, notre cinéaste amateur très éclairé et architecte bien connu du milieu de la montagne et des salles d’escalade.
Et il y a enfin Fatima El Hatimi, Anne-Marie Fontaine, Yannick Biot et moi-même, travaillant tous les quatre au sein du Groupe MBM, né de la réunion de fiduciaires spécialisées dans les domaines médical, paramédical et pharmaceutique.

Tous animés du même désir de déplacer … euh plutôt grimper… des montagnes dans le but de récolter des fonds pour les projets soutenus par l’ASBL « Challenges for Children »!

Ecole d’Escalade donc où nos 2 guides prennent contact avec l’équipe en nous faisant grimper (et désescalader !) une bonne longueur en conditions « montagne ». Parlons-en justement des guides : Quentin Delavignette, bien connu en Belgique des milieux alpins pour être un des premiers belges à avoir fait son écolage complet à l’ENSA, et exercer maintenant son métier (et sa passion) à temps plein dans les Alpes. Depuis longtemps, je l’apprécie particulièrement pour son sérieux, ses compétences techniques, mais aussi sa bonne humeur et son habileté à gérer des groupes hétéroclites. Il est secondé par Alex, son ami de longue date.

Le matériel et les techniques de base d’encordement sur glacier sont passés en revue. Coco se bat pour monter au plus haut. Il veut en découdre et ça se sent ! Les premiers doutes s’installent aussi et la pression monte : serons-nous tous capables de monter là-haut demain ? Après une escale au bar au pied des rochers, on se rassure dans les différents magasins de la vallée : avec du matériel de pro, on a plus de chances de s’en sortir, non ?

20 septembre : la météo est bonne et le moral aussi. La soirée d’hier a permis à tous de se « mettre dans l’ambiance ». Quelques courses (encore !) et on passe aux choses sérieuses : faire les sacs !!! Pour être sûr que personne n’a rien oublié (et surtout n’a rien pris en trop !!!), Quentin nous fait une démo complète. Ca se complique quand il faut se partager les affaires de Coco… Léger stress aussi au moment d’embarquer dans les voitures pour se rendre au téléphérique : ça court dans tous les sens pour attraper le matos oublié, mais tout finit par rentrer dans l’ordre. Avec un peu de chance, on aura la première benne… de l’après-midi.

Le stress monte avec l’altitude. Première confrontation avec la haute montagne et avec le vide. Même bien à l’abri dans la cabine du téléphérique, les estomacs commencent à se serrer. Chacun se prépare à sa manière à affronter l’inconnu. Pendant que l’un philosophe, l’autre n’arrête pas de parler. Et puis, il y aussi ceux qui ne disent plus rien mais dont le regard parle tout seul ! De mon côté, je pense que le sourire s’élargit au rythme de la montée… Les souvenirs affluent et je suis simplement heureux de partager ces instants avec cette équipe-là.

A l’arrivée à l’aiguille, le vent est de la partie et accentue l’ambiance « haute montagne ». Les estomacs déjà serrés font carrément des bonds à la sortie de la grotte de glace qui donne accès à l’arête. Parlons-en de l’arête, justement : effilée à souhait, avec ce qu’il faut de poudreuse au début, et de glace pour la partie raide. Un régal… que tout le monde n’apprécie pas à sa juste valeur ! Nous décidons de partir à 2 cordées pour commencer : les 2 guides s’occupent de Corentin pendant que je les suis avec Lambert, sa caméra et Cédric. Après la première section, nous filons en bas pour faire des images sur pied. Coco peine : marcher avec des crampons est un vrai calvaire. Vu l’exposition, les guides sont contents d’être deux pour s’occuper de lui et le déposer près de Lambert et Cédric sur le replat au pied de la partie délicate. Alex, Quentin et moi remontons alors rapidement chercher les autres.

Les cordes et les esprits sont tendus ! Certains s’en sortent mieux que d’autres mais tout le monde se retrouve sain et sauf auprès des premiers descendus. L’altitude se fait sentir, mais pas le temps d’épiloguer sur le passage, on se remet en route pour rejoindre le refuge des Cosmiques que nous finirons par atteindre près de 4 heures (!) après avoir quitté l’Aiguille du Midi. Il a pas mal neigé ces derniers jours et la neige n’est pas tassée sur la trace. Corentin éprouve les pires difficultés à se stabiliser sur ce terrain délicat. Nous devons le soutenir pour la remontée vers le refuge des Cosmiques et ses efforts pour avancer sont héroïques.

Défaire l’encordement, délacer ses crampons, taper les pieds pour enlever la neige accrochée sur les semelles… autant de gestes que les néophytes apprennent à poser avant de rentrer se réchauffer. C’est un peu ça aussi, l’âme de la montagne : ces gestes simples que l’on répète à chaque sortie, et qui portent déjà en eux les espoirs du lendemain.

Isabelle et Coco « en ont bavé » et décident de ne pas nous accompagner pour la course d’acclimatation prévue le jour suivant : les pointes Lachenal.

Après une nuit chahutée par quelques ronflements, nous nous mettons en route par un temps magnifique, mais toujours très venteux. La neige tourbillonne au col du Midi et le froid est vif. A l’approche de la Grande Pointe Lachenal, nous sommes surpris par la rupture soudaine d’un morceau de sérac sur les pentes du Mont-Blanc du Tacul. Plus de peur que de mal : l’avalanche déclenchée est de petite taille et nous ne sommes même pas sur sa trajectoire… Mais les esprits sont marqués ! Ambiance folle. Tout le monde en prend plein la vue et on ne sait plus où donner des yeux. Quelques pas délicats sur une pente qui s’incline et nous nous dressons bientôt tous sur la première pointe (la Grande). Un petit tour, un peu de cramponnage délicat et nous voilà bientôt sur la seconde pointe (la Petite). Premiers sommets, premières émotions ! Il est déjà temps de reprendre la trace qui nous mène au refuge, d’autant que certains d’entre nous commencent à souffrir du froid.

Et déjà le sentiment au retour, qu’à l’image de ces cordes tendues entre nous, se resserrent les liens qui nous unissent …

La chaleur du refuge retrouvée, c’est déjà l’heure d’un premier bilan. Chacun revit sa journée et particulièrement Fati dont les gros orteils comprimés par deux paires de chaussettes trop épaisses ont blanchi. C’est parti pour une belle onglée dont elle se souviendra ! On enchaîne sur une série d’interviews qui nous seront utiles pour le montage du film. Le vent se renforce, les nuages engloutissent le refuge.

Côté guide, il est également temps de faire le point : la météo annoncée n’est pas bonne. Très mauvaise même. Mauvais pour demain (et pourtant, il faudra bien retourner à l’Aiguille). Beau le surlendemain, mais avec beaucoup de vent. Et très mauvais pour la suite… Bref, pas la fenêtre espérée pour pouvoir faire le Mont-Blanc (il nous fallait 3 jours).

La décision est donc prise : vu les conditions et les prévisions, vu les difficultés de progression de Corentin, et vu la condition physique de certains d’entre nous, nous tirons un trait sur notre objectif et notre rêve. Le toit de l’Europe, ce n’est pas pour cette année… A la place, Quentin nous propose un autre objectif très honorable : le Breithorn, 4164 m. au-dessus de Zermatt, en Suisse. Il a tout pour nous plaire : moins difficile techniquement, c’est tout de même un 4000. De plus, le téléphérique du Petit Cervin nous permettra de limiter la marche d’approche et donc de faciliter les choses pour Corentin.

La décision est prise et c’est le cœur léger que nous allons nous coucher. Soirée de fous rires (notre groupe a son propre dortoir) et nuit de ronflements. Alain nous fait une parfaite imitation de la « Grande Vadrouille »… Demain, il nous « suffit » de retourner à l’Aiguille et retrouver la vallée pour une nuit de repos avant le Valais.

Le réveil du lendemain nous trouve cependant dans les nuages. Ambiance ouatée. Le vent n’est pas tombé, au contraire…Avec lui, le grésil s’invite à la fête. Ce qui, à l’aller, n’était déjà pas une partie de plaisir pour la plupart d’entre nous, va se compliquer sérieusement… Le voilà peut-être notre Défi ! Les membres de l’équipe semblent concentrés sur la préparation de leur matériel. Est-ce une manière d’échapper à la montée du stress ? Un par un nous sortons du refuge pour aller nous encorder. Les guides sont prêts et rapidement nous nous mettons en route. Quentin et moi encadrons Corentin pour l’aider en cas de besoin, tandis qu’Anne-Ma, Fati et Cédric lui font la trace. Nous progressons régulièrement et Coco fait l’impossible pour garder le rythme.

Petit à petit, la pente se redresse, ce qui nous apprend que nous approchons de la fameuse arête. Les rires et les plaisanteries des jours passés se sont tus. Concentration maximale. Chacun va puiser au fond de lui la force nécessaire pour aborder cette section difficile. Au débouché sur l’arête, le vent nous frappe de plein fouet : 50 à 60 km/h. Il neige à l’horizontale et la température ressentie tombe d’un coup bien en-dessous de 0°C. Surtout ne pas s’arrêter ! Sauf que…

Sauf que, à trois premiers de cordées, impossible de remonter Coco et toute l’équipe dans des conditions optimales de sécurité. Il ne faut pourtant pas traîner et la décision est vite prise : Quentin et Alex partent avec Isa, Fati, Anne-Ma, Cédric, Yannick et Steve pour rejoindre l’Aiguille au plus vite pendant que j’attends au pied de la section difficile avec Coco, Alain et Lambert.
Alex et Quentin reviendront chercher Coco et je remonterai en même temps qu’Alain et Lambert, en espérant pouvoir filmer.

Nos compagnons disparaissent dans la tempête et nous nous installons au mieux pour ce que nous espérons être une courte attente dans des conditions abominables. Et les minutes passent…

Là-haut, sur l’arête, c’est un véritable combat que se livrent les membres de l’équipe pour venir à bout de ce qui est censé être une arête facile par bonne conditions. Isa, particulièrement, se souviendra toute sa vie de ces quelques moments qui lui paraissent une éternité. Accrochée à son piolet, les pieds ballants au-dessus d’un vide de 900 mètres, elle va aller chercher au plus profond d’elle-même les ressources qui lui permettront de vaincre ses peurs et se remettre debout pour avancer vers la vie, aidée et soutenue par les autres membre de sa cordée. Moments de doutes, moments de stress, mais surtout intensité du bonheur à l’arrivée à l’Aiguille, qui resteront gravés à jamais au plus profond des cœurs !

Au pied de l’arête, le temps n’a plus la même consistance. Serrés les uns contre les autres, en pleine tempête, nous attendons ! Impossible de monter sans l’aide des guides, impossible de descendre se mettre à l’abri du vent car, avec la visibilité quasi nulle, le risque que Quentin et Alex ne nous retrouvent pas est trop grand. On ne peut pas bouger ! La neige s’infiltre par la moindre ouverture de nos vêtements. Le vent nous fouette à nous faire perdre l’équilibre. Et le froid s’insinue en nous lentement mais sûrement, comme un ennemi qui nous attaque de l’intérieur. Je sens que Coco commence à douter, comme Alain qui se demande dans quelle galère on l’a embarqué. Heureusement je sais que Lambert en a vu d’autres et que je peux compter sur lui. La preuve : il parvient encore à sortir sa caméra pour tourner quelques séquences… J’essaye tant que je peux de faire barrière avec mon corps pour protéger Corentin des assauts du vent et je le prends dans mes bras pour essayer de le réchauffer. Lui, assis dans la neige est encore plus exposé que nous. Que l’homme est petit face à la montagne et aux éléments déchaînés…

Les minutes passent, et après plus d’une demi-heure d’attente, Corentin craque : « on va tous mourir ici » ! Je vois Alain, qui commence à faire des exercices de respiration que j’imagine être du Yoga, et je me rends compte de sa détresse. C’est sa première expérience en montagne et au contraire de Lambert et moi, il n’a jamais vécu ce genre d’épreuve. Je sens qu’il est temps de réagir : notre inactivité nous entraîne vers l’engourdissement. Nous ne pouvons pas nous le permettre ici. Alors j’active tout le monde : on sort les vêtements de rechange et la nourriture des sacs. Pendant que j’enfile ma doudoune « de secours » (elle est toujours au fond de mon sac pour des cas de ce genre…) par-dessus tous les vêtements de Corentin, nous croquons quelques barres énergétiques. Ca fait du bien et l’espoir renaît. Ca va aller, on s’en sortira…

L’attente est déjà plus supportable, même si les conditions sont loin de s’améliorer. La neige nous fait mal tant elle fouette violemment chaque centimètre carré de peau non protégé. Mais, après presque une heure d’attente, des silhouettes givrées apparaissent dans le brouillard : Quentin et Alex, nos sauveurs !!! Ils se chargent rapidement de Corentin et nous entamons la montée de l’arête. La pente se raidit, et bientôt Coco ne peut plus progresser debout. Il se retrouve à ramper, tirant avec la force du désespoir de ses bras sur ses deux piolets pour se hisser vers le haut, vers le salut. C’est ce qui s’appelle du Courage ! Quentin et Alex aussi donnent toute leur énergie dans ce véritable combat… Ne vous avais-je pas parlé d’une épreuve au début de cet article ???

Arrivés à l’aiguille, pas besoin de mots : nous tombons dans les bras les uns des autres. Le regard suffit : ils savent ce que nous avons vécu et inversement. Parmi ceux qui lisent cet article, s’il y en a qui ont déjà fait la remontée de l’arête de l’Aiguille du Midi, ils doivent se dire que j’exagère, mais ce n’est pas le cas : je l’ai moi-même déjà gravie au moins 30 fois avant ce fameux samedi 22 septembre, dans toutes les conditions possibles et imaginables, mais je peux vous assurer que ce jour-là, c’était bien plus qu’une simple arête au milieu de la montagne : c’était La Montagne, c’était Le Défi, L’Epreuve et le catalyseur de toute l’humanité qui est en nous.

C’était le Mont-Blanc de Coco !

Tous ceux qui ont vécu ce moment particulier en garderont chacun un souvenir précis, une pépite qu’ils conserveront précieusement dans leur cœur. « Quand tu vas là-haut, tu n’en reviens jamais tout à fait indemne ». Tous les membres de « Challenges for Children – Mont-Blanc 2012 » le savent maintenant…

Il faut cependant penser à redescendre…

Après avoir fêté dignement notre retour à la vie, nous rejoignons nos dortoirs pour une nuit réparatrice, et cette journée est à peine terminée avec son lot d’émotions, d’efforts physiques, de doutes et de dépassement de soi, que nous nous projetons dans celle du lendemain qui nous verra accomplir l’ascension du Breithorn.

Le réveil est programmé pour 5h du matin, afin de rejoindre nos guides en voiture à Täsch, d’où nous prendrons le train qui monte à Zermatt. L’équipe sera légèrement remaniée : Isabelle et Alain ont décidé de rester à Chamonix, pour digérer les émotions accumulées la veille, tandis que Philippe Goffard, notre médecin, nous a rejoints.

Réveil accompagné par les odeurs de café qu’Alain et Isabelle ont pris soin de nous préparer avec un magnifique petit déjeuner. C’est leur manière de nous rappeler que nous sommes un groupe soudé, et que, tous, nous sommes animés par cette force de la solidarité !

Après avoir retrouvé nos guides (au nombre de quatre, cette fois : Gabou et Cédric ont rejoint l’équipe), pris le train, traversé Zermatt à pied et pris le téléphérique, nous voila prêts à nous encorder à nouveau. Le froid est piquant, le vent soutenu mais le ciel est clair et promet une journée magnifique.

Nous traversons un glacier, d’une blancheur éclatante, balayé par le vent, avec une vue prenante sur la Couronne des 4000 de Zermatt, et particulièrement le Cervin. La neige étant bien damée, Corentin éprouve beaucoup moins de difficultés à se déplacer avec les crampons.

Après une belle traversée, et un arrêt sur un sommet secondaire, nous dépassons l’altitude de 4000 m.
La concentration se lit sur les visages, le silence a remplacé les boutades. Nous gravissons une magnifique arête avant d’atteindre le sommet et de découvrir un paysage à couper le souffle. Premier 4000 pour beaucoup d’entre nous. Que d’émotions…L’émotion de ceux qui retrouvaient la montagne et renouaient avec tout ce qu’elle apporte d’humilité, mais aussi de ceux qui la découvraient pour la 1ère fois.

Le vent et le froid finissent cependant par nous ramener à la réalité, et nous entamons la descente le cœur rempli d’un sentiment indescriptible mêlant joie, satisfaction et émerveillement.

Retour aux Houches le soir même avec nos guides pour partager un buffet préparé en notre honneur par Isabelle et Alain. Le lendemain, l’orage nous réveille à 6h du matin et le déluge qui s’abat sur le massif met un point final à notre aventure. Ou plutôt non : met un point final à cette aventure…

Car en effet, durant ces quelques jours, nous nous sommes sans doute focalisés sur nos bobos physiques, sur nos peurs et nos doutes, mais nous n’avons pas oublié la raison pour laquelle nous avons accompli tout cela. Tout au long de cette aventure d’abord humaine, puis physique, nous nous sentions mus par une nouvelle énergie, et c’est cette énergie que nous voulons investir à notre retour dans la cause qui nous tient tous à cœur.

Corentin a su transformer ses années de souffrance face à la maladie et au handicap en une force pour aller de l’avant et se dépasser. Il a décidé de mettre son énergie au service des autres pour leur apporter le soutien dont il a pu lui-même bénéficier étant jeune. Autour de lui, nous sommes tous convaincus que chacun peut contribuer à son niveau à cette chaîne « d’énergies positives et communicatives » dont nous avons de plus en plus besoin en tant qu’être humain sur cette planète.

« Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper » dit un proverbe Tibétain.
Grâce à vous, nous désirons continuer cette ascension au-delà du sommet !

Thierry Graulich et Fati El Hatimi

Plus d’info sur le site http://www.challengesforchildren.org

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